Goethe, les œuvres expliquées par la vie

Alfred Mézières

Que se passait-il dans la vie de Goethe pendant qu’il composait ses œuvres ? En leur rendant leur substrat vivant, vécu, cette étude permet de libérer de la poussière des textes que nous avons peut-être aujourd’hui perdu l’habitude de lire spontanément. La littérature s’anime, l’homme transparaît à travers l’ouvrage et nous tend la main à travers les siècles. L’admiration sincère de l’auteur ne l’aveugle cependant pas assez pour qu’il omette les zones d’ombre d’un homme passant pour solaire et charismatique. Une découverte profondément humaine. (Édition annotée. Ebook uniquement)

 

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ISBN : 978-2-38371-113-1
9782383711131 11,99 €
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Que Goethe allait-il faire en Italie ? Quel sentiment irrésistible l’arrachait à Weimar, à l’amitié de tant de personnes chères, à l’amour de madame de Stein, et le poussait mystérieusement sur la route des Alpes ? Manquait-il quelque chose à une destinée qui paraissait si heureuse, à une vie si pleine et si active ? Rien, assurément, si l’on jugeait du bonheur des hommes d’après les apparences. Mais chez Goethe, la vie extérieure ne révélait qu’imparfaitement les pensées qu’il portait au-dedans de lui-même et qui suivaient leur cours, indépendamment des circonstances. Au plus profond de son être, dans les heures de recueillement qu’il se réservait chaque jour, il cachait la secrète blessure d’un esprit sincère qui aspire à se développer, qui sait qu’il trouvera de nouveaux moyens de s’instruire et que de perpétuels obstacles séparent de l’objet de ses rêves. Weimar lui avait été utile. Mais il n’attendait plus rien, pour le développement de son intelligence, d’un plus long séjour dans une ville dont il avait en quelque sorte épuisé les ressources. Il semblait même qu’il n’y pût rester désormais qu’au prix d’un trop grand sacrifice, en renonçant à la belle liberté de l’artiste, aux doux loisirs qui préparent l’inspiration du poète. Trop de chaînes pesaient sur son esprit : les fonctions qu’il tenait de la confiance du grand-duc, qu’il avait d’abord acceptées avec plaisir, comme une occasion d’acquérir des connaissances nouvelles, mais dont il commençait à se lasser comme d’une fatigue ; les relations sociales qui, sans lui rien apprendre, lui prenaient plus de temps qu’il n’eût voulu y consacrer ; son amour même, hélas ! jadis la joie et la consolation de sa vie, maintenant peut-être refroidi déjà et plus embarrassant que fécond.

Alfred Mézières

Alfred Mézières – 19 novembre 1826, Réhon ; 10 octobre 1915, Réhon (Meurthe-et-Moselle)

Né de parents solidement implantés dans la société du temps, entre l’armée et l’université, il sut marier ces deux courants par une carrière à la fois universitaire et politique. Docteur et professeur en Lettres et Rhétorique, en littérature étrangère (il parlait couramment plusieurs langues), membre de l’École française d’Athènes, il toucha également au journalisme, à l’histoire et au monde des musées. Toutes ces activités le menèrent en 1874 à l’Académie française. Parallèlement il poursuivit en tant que député, sénateur, puis président du Conseil Général de Meurthe-et-Moselle, une carrière politique reconnue et respectée. Il laissa une œuvre abondante, érudite, et totalement oubliée.

Avertissement

Avant-propos

I. – La jeunesse de Goethe

Francfort et Leipzig. – La famille de Goethe. – Son père. – Sa mère. – Sa sœur. – Ses premières années à Francfort. – Marguerite. – Son séjour à l’université de Leipzig. – Questions littéraires. – Premiers essais dramatiques : Le Caprice de l’amant. – Annette Schönkopf.

II. – Goethe à Francfort et à Strasbourg

Tendances religieuses. – Mysticisme. – Mademoiselle de Klettenberg. – Séjour en Alsace. – Frédérique Brion. – Herder. Enthousiasme pour Shakespeare. – Götz de Berlichingen.

III. – Wetzlar et Werther

La réalité et le roman. – Charlotte Buff. – Kestner. – Sources de la sentimentalité allemande. – Imitation de la littérature anglaise. – Imitation de Rousseau. – Fonds national. – Mort de Jérusalem. – Jugement de Kestner sur le roman. – Nicolaï. – Parodie de Werther. – La passion divinisée. – Influence de Werther.

IV. – Les amis de la jeunesse de Goethe

Origine de Clavijo. – Mémoires de Beaumarchais. – Souvenirs personnels. – Madame de la Roche. – Une Allemande sentimentale. – Baselow. – Lavater. – Un prophète moderne. – Fritz Jacobi. – Goethe et Spinoza.

V. – Fin du séjour de Goethe à Francfort

Goethe et Lili. – Goethe et mademoiselle de Stolberg. – Les Stolberg – Voyage en suisse. – Erwin et Elmire. – Stella.

VI. – Premières années de Goethe à Weimar

La cour. – Rôle qu’y joue Goethe. – Facilité avec laquelle il s’isole. – Son indépendance. – Goethe et Charles-Auguste. – Fonctions politiques de Goethe. – Goethe administrateur. – Goethe et madame de Stein. – Iphigénie en Tauride. Torquato Tasso.

VII. – Goethe en Italie

Fuite de Weimar. – La haute Italie. – Rome. – Passion de Goethe enfin satisfaite. – Relation avec les artistes. – Naples. – La Sicile. – La jeune Milanaise. – Lacunes volontaires du voyage de Goethe. – Egmont. – Les Élégies romaines. – Les Épigrammes vénitiennes.

VIII. – Coup d’œil sur les travaux scientifiques de Goethe

Commencement de ses travaux. – Goethe naturaliste. – Goethe physicien. – Traités de botanique et d’ostéologie. – Théorie des couleurs.

IX. – Goethe et la révolution française

Affaire du collier. – Le cardinal de Rohan et madame de Lamotte. – Cagliostro. – Le grand Cophte. – La révolution française jugée dans les Épigrammes vénitiennes. – Campagne de 1792. – Goethe à Valmy. – Campagne de 1793. – Goethe au siège de Mayence. – Le Citoyen général. – Les Entretiens des émigrés allemands. – Les Révoltés. – Conclusion.

X. – Goethe et Schiller

Différences qui les séparaient. – Leurs premières relations. – Années d’apprentissage de Wilhelm Meister. – Jugement qu’en porte Schiller. – Principaux personnages du roman. – Idées générales qui s’en dégagent. – Hermann et Dorothée. – Influence exercée sur Schiller par Goethe. – Services que Schiller rend à Goethe. – Année des ballades. – Le théâtre de Weimar. – Part que prend Goethe à la composition et à la représentation de Wallenstein et de Guillaume Tell. – La Fille naturelle. – Madame de Staël à Weimar. – Mort de Schiller. – Schiller jugé par Goethe.

XI. – Christiane Vulpius

La bataille d’Iéna. – Weimar envahi par les Français. – Dangers que court Goethe dans sa maison. – Son mariage. – Défauts et qualités de Christiane Vulpius.

XII. – Les amours d’un sexagénaire

Le retour de Pandore. – Les sonnets. – Passion de Goethe pour Minna Herzlieb. – Les affinités électives. – Remaniement de Roméo et Juliette. – Goethe abandonne la direction du théâtre de Weimar.

XIII. – Goethe et Napoléon

Goethe en 1813. – Son aversion pour la guerre. – Son admiration pour Napoléon. – Sincérité de son patriotisme.

XIV. – Poésie et prose

Le Divan oriental et occidental. – Rapports de ces poésies avec les sentiments de Goethe. – Les années de voyage de Wilhelm Meister. – La morale du renoncement. – La Nouvelle.

XV. – Le dernier amour

Mademoiselle de Lewezow. – La Trilogie de la passion. – L’Élégie de Marienbad.

XVI. – Goethe et Eckermann

Dernières années de la vie de Goethe. – Ses entretiens recueillis par Eckermann. – Activité infatigable de son esprit. – Pensées de Goethe sur l’art d’écrire, sur les devoirs et sur les droits du poète. – Ses jugements sur les anciens, sur la littérature anglaise, sur les écrivains français. – Intérêt qu’il prend à tout ce qui s’écrit en France. – Ses opinions religieuses et philosophiques.

XVII. – Le premier Faust

Le premier Faust. – Histoire de la composition de l’œuvre. – Place qu’y tiennent les impressions et les souvenirs personnels du poète. – Les personnages. – En quoi le caractère de Faust ressemble à celui de Goethe, en quoi il est différent. – Wagner. – Méphistophélès. – Marguerite.

XVIII. – Le second Faust

Caractère abstrait de l’œuvre. – Symptômes de vieillesse. – Prédominance de la philosophie et de la science sur la poésie. – Abus du symbolisme. – L’épisode d’Hélène. – Alliance du génie classique et du génie romantique. – Souvenir de lord Byron. – Les deux parties de Faust considérées comme le résumé poétique des événements, des impressions et des travaux de la vie de Goethe.