Les pays d’Extrême-Orient

Siam, Indochine centrale, Chine, Corée, Fleuve Amour

Octave Sachot

Ouvrage d’érudition sur quelques pays de l’Extrême-Orient, à l’époque encore quasiment inexplorés.
« L’auteur qui y est allé lui-même et a publié ses souvenirs par ailleurs, fait ici une synthèse claire, très informative, et, malgré tout, vivante de plusieurs récits de voyage de différents auteurs. »
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ISBN : 978-2-38371-050-9
9782383710509 1,99 €
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Il existe en Chine une part considérable de self-government local, qu’il est impossible à quiconque visite le pays de ne pas constater, et qui est un problème insoluble pour ceux qui persistent à voir dans le gouvernement un despotisme et dans les gouvernés des esclaves. Ce trait caractéristique est surtout visible dans les districts agricoles. Les habitants des villages élisent un certain nombre des leurs pour remplir les devoirs importants d’anciens ; les individus ainsi élus sont ordinairement propriétaires de terres ou de maisons, pères de famille, et possèdent quelque instruction. Chaque fois que les questions d’intérêt local ont besoin d’être discutées, les anciens se réunissent dans les salles ad hoc et donnent leurs décisions sur les projets que leur soumettent les autres villageois. Les sujets sur lesquels ils ont à se prononcer sont très divers et comprennent les querelles de famille, les fêtes, les plans pour la construction de temples ou de canaux, l’organisation de la police et la répression des délits. En cas d’émeutes ou de sérieuses infractions aux lois pénales, ce sont eux qui font les rapports au magistrat du district, et ce fonctionnaire ou inflige la peine édictée par la loi, ou envoie le rapport par qui de droit à ses supérieurs de la province.

Ce système de self-government fonctionne admirablement dans tous les hameaux ou les villages voisins d’une ville possédant une garnison sédentaire ; mais il y a des cas où il donne lieu à de graves oppositions et où il est une source continuelle d’anarchie et de désordre. Nous avons déjà dit que les habitants de chaque village sont tous membres d’une nombreuse famille ou clan. Quand un clan de cette espèce se compose de peu d’individus, ou qu’il est à la portée d’une force militaire suffisante pour le contenir au besoin, son organisation a le double avantage de soutenir l’autorité du gouvernement et de développer le bien-être des classes ouvrières. Mais il arrive parfois qu’un clan se compose de deux ou trois mille individus et qu’il est voisin immédiat d’un autre clan de force égale et implacable ennemi du premier. Ces exemples sont surtout communs dans les provinces turbulentes du sud. Alors les anciens, au lieu de se réunir pour discuter les pacifiques affaires de leurs villages, s’assemblent pour dresser un plan de campagne et entamer la bataille. Ces luttes, dans lesquelles on compte quelquefois cinq ou six mille combattants, entretiennent pendant plusieurs jours, et même pendant des semaines, un état de guerre qui produit de graves bouleversements dans les districts voisins et y fomente un mécontentement universel. Plusieurs des insurrections qui ont menacé l’existence des dynasties anciennes ou modernes remontent directement à ces rivalités.

Octave Sachot

On sait peu de choses sur Octave Sachot.

Après d’excellentes études à Sens et à Paris, il se consacra à la littérature et aux voyages.

Notamment chargé de missions en Angleterre, en Italie et en Orient, ses voyages lui serviront de matériaux pour ses nombreux écrits.

Collaborateur de plusieurs revues, en tant qu’auteur et traducteur, il fit aussi œuvre de peintre et de sculpteur.

Avant-propos

CHAPITRE I. – LE SIAM ET LES SIAMOIS.
CHAPITRE II. – L’INDO-CHINE CENTRALE.
CHAPITRE III. – LA CHINE.
CHAPITRE IV. – LA CORÉE.
CHAPITRE V. – LE FLEUVE AMOUR ET LES FRONTIÈRES CHINOISES DE L’EMPIRE RUSSE.